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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 12:14

 
Passage maker : cherchez l’erreur !


En 1993, après avoir passé prés de trois ans au Vietnam pour construire notre « motor sailor » « Oaristys », nous savourons notre longue escale à Hong Kong.

 

-5-17-45x5-20x1-50.3-50.jpg                                                          OARISTYS  18,26m HT 17,40m x 5,25m x 1,50/3,70m 34T

Durant ce break, commence à germer l’idée d’un motor-sailor plus motor que sailor.

 Michel Joubert nous propose l’avant projet de ‘Marguerite’ : 20,50m x 4,25m, que nous jugeons trop
étroit et au cul trop pointu ; finalement en 1994 le plan de carène définitif voit le jour .

                                                             caracteristiquesection-1-.JPG

Notre voisin de ponton, devenu ami, nous propose alors de financer un prototype. 

Entre temps, le motor-sailor est devenu motor tout court devant le coût de la partie « voile » et après un calcul de prix de revient des deux options (calcul bien mieux détaillé par Dashew pour son Wind Horse).

En fait rien de bien nouveau depuis Marin Marie…

S’en suit une multitude d’ébauches, de croquis, de plans qui aboutissent finalement à la mise à l’eau du
prototype en septembre….2002 .

 

img020[1]
                                                                               19,45mHTx5,03m x1,30m 32,5T

Oui, le temps passe si vite entre les chantiers qui renoncent pour des projets plus rémunérateurs et ceux qui prennent tout leur temps… sans parler de la chasse aux dollars.

L’idée initiale était de construire un premier modèle qui, nous en étions sûr, (en toute immodestie !) entrainerait
l’adhésion de nombreux clients. Des clients heureux de trouver, enfin, un ‘explorateur ‘ réellement capable d’explorer les rivières, les lagons et tous les bras de mer fermés par un seuil trop haut ou un pont trop bas pour les autres représentants  de la famille «  tawler/passagemakers ».

Une unité capable de transiter de l’Europe du nord à la méditerranée par les plus petits canaux Français, voir même par le canal du midi ! Son faible tirant d’eau lui ouvrant tous ces merveilleux mouillages à l’entrée tortueuse fermée par un haut fond à moins d’1,50 m.
Nous pensions réellement avoir dessiné le ‘mouton à cinq pattes’, pas parfait certes, car un bateau n’est que le résultat d’une cascade de compromis.

 Mais répondant à son cahier des charges initial : un bateau simple, très solide, sûr et pouvant réellement aller partout où son équipage serait capable de l’emmener (à condition qu’il y ait plus d’ 1,25m d’eau douce ou salée).

Le passagemaker que tout ‘explorateur’ en puissance attendait ! Erreur !

Ce prototype ne plait qu’aux marins professionnels Norvégiens, pêcheurs Italiens, aux douaniers
Croates, plongeurs Suédois… Mais à aucun plaisancier client potentiel.

 

 

 

ERREUR, certes mais quelle ou plutôt quelles erreurs ???

Sans doute pas assez de volume pour la longueur comparé aux standards actuels, mais les canaux ne nous

 

                                                                  Photo-toul013.jpg

 


permettaient pas plus de 5,05m de large, 3,20 de tirant d’air et d’après Joubert le cul si étroit était incontournable pour optimiser la consommation (d’autres sont arrivés au même choix : voir le cul du Less 83 ou celui du Wind Horse)

Trop rustique ? C’est vrai, mais ce n’était qu’un laboratoire destiné à valider (ou non) des choix…et le budget n’était pas illimité !

 Après 5 ans de navigation et de vie à bord, la liste des points à améliorer et des idées nouvelles apparues à
l’usage, comporte une quarantaine de lignes depuis la position des commandes moteur (qui seraient mieux 10cm plus près de l’axe) à la possibilité de fixer un poêle à bois dans le carré (pour les longues soirées d’hiver rien n’égale le crépitement d’un feu de bois) en passant par la position des jumelles (de mat) qui seraient plus discrètes cachées dans la fausse cheminée.

profil.jpg

 

Parmi les points positifs, on peut néanmoins noter :

 

 - Une très faible consommation, moins de 20 lt/h pour une vitesse de 10 nds (sur deux moteurs), ou moins de 6lt/h à 7,2 nds sa vitesse économique (sur un seul moteur). Les 7500 litres de carburant autorisent sans problème une traversée de l’Atlantique à 10nds, une traversée du Pacifique à 8 nds ou (en théorie, sans vent ou courant contraire et en supposant pouvoir vider les réservoirs jusqu’à la dernière goutte) prés de 9000 milles à 7nds.

 Certes, c’est du poids à transporter mais cela permet aussi de faire le plein en des points stratégiques pour le porte monnaie : par exemple en Libye puis au Venezuela…à 0,09 euros.

 

 - Peu sensible au tangage, très bon passage dans la mer,


- Robustesse à toute épreuve avec un fort coefficient de sécurité par apport aux standards actuels

 

, - Un petit mât suffisant pour gréer des voiles d’appui, positionné à l’emplacement normal pour un mât, (pour un meilleur équilibre sous voile au portant ou même de travers)

 

. - La possibilité de rester debout seul à marée basse ou lors d’un carénage sur sa semelle d’échouage de prés d’un mètre de large et épaisse de 16mm.

 

vue_face.jpg

 


Néanmoins, il apparait clairement que ce concept était une erreur commerciale car, même avec son prix très attractif (les petits frères auraient été construits à Haïphong), aucun intérêt n’a été suscité parmi les plaisanciers.
Echec total, sans savoir pourquoi. Peut être pourriez vous nous aider à comprendre où est l’erreur : répartition des volumes ? La silhouette ? Le matériau ? Le volume ? Trop long ? Trop petit ?

 Il est probable que si en 1994 nous avions dessiné un trawler « classique » de style « Alaskan » ou « Grand
Banks » le résultat commercial aurait été plus positif.

 Mais ces types de trawlers, malgré ou à cause de leurs qualités (taille des aménagements, volumes, puissance moteurs), se ferment bon nombre de mouillages ou de terrains d’explorations de par leurs : tirant d’eau, tirant d’air, déplacement, impossibilité de s’échouer, autonomie réduite…etc.)
Certes, pour 100 « passagemakers » ou « explorers» vendus combien «explorent » réellement ?

 Peut être est ce là le cœur du problème : pourquoi concevoir un bateau capable de réaliser ce que personne ne fait (ou une toute petite minorité) ?

 En quelque sorte un produit de niche dans une catégorie qui est déjà une niche !   Photo-suede018.jpg  D’une traversée hivernale ventée en Suède

 

Photo-toul-charmes008.jpg 

 au tranquille sillage printanier en France…deux facettes d’une « erreur ».

 

 mat.JPG

 

Longueur Hors tout 19,45 m.................................................................. 

Longueur flottaison 18,26 m..................................................................................... 

Maitre bau 5,03m..........................................................................................
Largeur flottaison 4,435 m..............................................................................

Tirant d'eau coque 1,014 m

Tirant d’eau maxi pleine charge 1,30m...................................................

Poids aluminium coque 11,5 tonnes..............................................................................

Vitesse maxi 12,5 nds

Vitesse de coque 10,4 nds

Vitesse économique 7,5 nds

Autonomie à 7 nds  env. ..9000 nm

Transpacifique.   à 8 nds                    

Poids pleine charge 32,5 tonnes......................................................................................               

Jauge 42,25 tonneaux.

Réservoirs 7500 litres

Moteurs 2 X 215 cv Perkins


Echantillonnage coque : 16mm semelle, 12mm bordé inférieur, 10mm bordé supérieur et 6 mm pont et superstructure.

 sil.jpg


Conclusion : Echec total, surtout financier, et pourtant parmi les options envisagées pour créer un « pasagemaker » économique nous avions choisi la solution la plus sage !

Rejetant le « wide body » à l’aspect rétro, le catamaran à moteur ou le plus extrême de nos projet le trimaran à moteur de 20 m avec à peine le volume d’une vedette de 12m (sans doute le choix le plus économe en carburant, mais clairement invendable).

 Seule (mince) consolation, d’autres qui étaient apparus aux fil des années n’ont pas eu plus de succès commercial et
pour certains sont restés à l’état de beaux projets sur papier glacé.

Ce blog sera donc consacré à notre experience (qui n'est finalement que la somme de nos erreurs passées!)du long cours 62, sa génèse,les differentes evolutions du projet,sa construction et nos jugements à l'usage.En esperant éviter à ceux tentés par un projet similaire ,nos erreurs !

A sa place parmi les pêcheurs

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